Khaled Lounici juge le Mondial des Fennecs « négatif sur tous les plans »

Fennecs

Les débats continuent d’enflammer les réseaux après l’élimination de l’Algérie à la Coupe du monde 2026. Dans un entretien accordé à Africafoot, l’ancien international Khaled Lounici est à son tour revenu sur le parcours des Fennecs, dressant un constat très sévère et désignant les principaux responsables de cet échec.

Un Mondial largement en dessous des attentes

Sans détour, l’actuel entraîneur de la JSM Béjaïa a exprimé toute sa déception concernant la campagne des Verts, qu’il juge ratée à tous les niveaux.

Pour moi, elle est négative, et ce sur tous les plans : technique, tactique et mental. Malgré notre victoire contre la Jordanie, nous sommes passés à côté. Nous n’avons pas affiché la solidité nécessaire pour aller loin, que ce soit dans notre jeu ou dans notre état d’esprit. Il n’y avait pas d’envie. Personnellement, je n’ai pas reconnu notre sélection. Sur ce plan-là, nous nous sommes mal préparés.

Pour Khaled Lounici, la qualification en seizièmes de finale ne constitue d’ailleurs pas une réussite dans une Coupe du monde disputée à 48 équipes.

Évidemment. C’était un deuxième tour dans une Coupe du monde à 48 nations, avec trois équipes qualifiées par groupe. Avec seulement deux qualifiés, nous ne serions pas passés. Si nous avions réalisé le même parcours que certains de nos voisins d’Afrique du Nord, j’aurais pu dire que c’était une réussite. Mais là, ce n’est pas le cas.

Il aurait été compliqué de ne pas sortir de cette poule. Nous avons perdu contre l’Argentine, mais quand on voit les difficultés qu’elle a eues face au Cap-Vert, on comprend qu’elle n’était pas aussi forte que cela. Et l’Algérie, ce n’est pas le Cap-Vert.

Vladimir Petković directement pointé du doigt

À l’image de nombreux observateurs, Khaled Lounici estime que Vladimir Petković a largement contribué à cet échec en multipliant les changements tactiques et les compositions d’équipe, empêchant les joueurs de trouver des automatismes.

Sur le plan technico-tactique, c’est un entraîneur qui a totalement failli. Il a aussi failli dans ses compositions d’équipe. D’un match à l’autre, il changeait constamment, avec des choix qui n’avaient aucun sens. Nous disputions les matches amicaux avec une équipe et un système donnés, puis, au début du Mondial, il change tout. Dans ces conditions, il était impossible de trouver de la complémentarité et de la cohésion sur le terrain.

L’ancien international considère ainsi que le sélectionneur porte la principale responsabilité de la désillusion algérienne.

Oui, parce que c’est lui le sélectionneur. C’est lui qui choisit les joueurs, les aligne et opte pour les différents systèmes de jeu. D’ailleurs, il n’a jamais eu de schéma préférentiel. Et les systèmes qu’il a utilisés ne correspondaient absolument pas aux qualités de ses joueurs.

Il ne faut pas être un génie, ni un entraîneur très diplômé, pour comprendre, par exemple, qu’Ibrahim Maza n’est pas un avant-centre.

La succession divise déjà les observateurs

Alors que le départ de Vladimir Petković semble de plus en plus inévitable, la question de son successeur alimente déjà les débats. Si plusieurs voix réclament la nomination d’un sélectionneur algérien, Khaled Lounici ne partage pas cet avis.

Pour être honnête, et avec tout le respect que j’ai pour mes collègues algériens, je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui un entraîneur parfaitement taillé pour cette responsabilité. Ils n’ont pas, selon moi, toutes les aptitudes nécessaires.

Un sélectionneur, avant même d’être un grand entraîneur, doit avoir une forte personnalité et une vraie autorité. Il doit en imposer, parce qu’il va gérer des joueurs qui évoluent au plus haut niveau.

En revanche, je suis favorable à l’idée que le futur sélectionneur soit entouré de techniciens algériens dans son staff. Un peu comme cela avait été le cas avec Vahid Halilhodzic, qui était épaulé par Noureddine Kourichi et Abdelhafid Tasfaout.

Les démarches pour nommer un nouveau sélectionneur se poursuivent et devraient bientôt apporter des réponses. Cependant, cela ne représente qu’une partie des défis pour Khaled Lounici, qui considère que la FAF et la formation sont également au cœur du problème. Une refonte complète est donc nécessaire pour redresser le football algérien et espérer progresser sur la scène internationale.

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