Le football algérien vit un moment difficile. Un jour après une élimination contre la Suisse en seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026, la déception est grande chez les supporters et les analystes, qui cherchent à comprendre les causes de cet échec.
L’ancien capitaine des Fennecs, Moussa Saïb, a donné son avis à Africafoot avec franchise et lucidité pour parler de l’avenir de l’équipe. Pour Moussa Saïb, l’échec ne se résume pas à un simple fait de jeu ou à une mauvaise seconde période lors du dernier match. C’est l’ensemble de la copie rendue qui pose problème :
Je ne me limite pas à la deuxième mi-temps du dernier match : c’est tout le parcours de l’équipe nationale qui déçoit. Perdre n’est pas le vrai problème, mais le manque d’impact et d’engagement face aux adversaires. Contrairement à des équipes comme le Cap-Vert, le Congo ou le Sénégal, nous n’avons jamais réellement bousculé l’adversaire. Avec la qualité de notre effectif, cette attitude passive et ce manque de réaction sont vraiment frustrants.
Instabilité tactique et faillite défensive
Le bilan technique est aussi préoccupant. Les choix tactiques semblent parfois peu convaincants, et la défense prend trop facilement des buts pour ce niveau de compétition. L’ancien international critique surtout le manque de clarté et de direction du staff technique :
En football, sans une défense solide, on va droit à l’échec. En quatre matchs, nous avons encaissé neuf buts, un total trop élevé pour espérer aller loin. Les choix tactiques, notamment l’absence d’un véritable avant-centre et les changements constants de système et de composition, sont difficiles à comprendre. Ne jamais aligner la même équipe empêche de trouver des automatismes. Au haut niveau, une équipe doit avoir une ossature stable, ce qui semble encore manquer malgré la durée du sélectionneur en poste.
La valorisation des compétences locales
Face à cette succession d’échecs (CAN et Coupe du Monde), le statu quo n’est plus une option. Pour amorcer la reconstruction, Saïb propose une solution radicale mais ancrée dans l’histoire des succès du football national :
Après les récents échecs à la CAN et au Mondial, il est difficile de dire que nous progressons. Je pense qu’il faut élargir le staff technique et privilégier des entraîneurs locaux, soutenus par des techniciens compétents, plutôt que de confier l’équipe à un étranger méconnaissant notre football. Nos plus grands succès ont d’ailleurs été obtenus avec des coaches algériens, à l’image d’autres nations africaines qui font confiance à leurs propres techniciens.