Une dizaine de jours après l’élimination de l’Algérie en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le débat autour de l’avenir de Vladimir Petkovic continue d’animer les discussions. Dans un entretien accordé à Africafoot, Nourredine Kourichi, ancien international algérien et ex-adjoint de Vahid Halilhodžić, estime toutefois que les difficultés des Fennecs dépassent largement la question du sélectionneur et trouvent leur origine dans des problèmes structurels.
Petkovic pointé du doigt, mais pas seul responsable
S’il reconnaît que l’objectif contractuel de franchir le premier tour a été atteint, Kourichi regrette surtout l’image renvoyée par la sélection durant la compétition.
Sur le plan comptable, il était initialement question de passer le second tour. Cela a été fait (…) Mais au-delà des chiffres, je suis profondément désolé et triste pour les 48 millions d’Algériens. Ils auraient mérité qu’on montre une bien meilleure image de ce qu’est réellement l’équipe d’Algérie.
L’ancien défenseur estime que Vladimir Petkovic n’a jamais réussi à construire une véritable équipe type avant le Mondial, privant ainsi ses joueurs des automatismes indispensables au plus haut niveau.
L’erreur majeure de Petkovic a été de ne pas construire son équipe type durant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), afin de s’en servir de socle pour le Mondial. (…) Le sélectionneur n’a pas su positionner les joueurs là où ils pouvaient donner leur maximum.
Pour illustrer son propos, il évoque notamment les choix effectués face à la Suisse et les changements répétés dans le secteur défensif.
Nous étions privés d’attaquant de profondeur en raison de la blessure d’Amoura. (…) Mais je le répète, c’est l’absence d’une équipe type stable qui nous a plombés. (…) De plus, l’écarter face à l’Autriche pour aligner Oussama Benbot était une erreur tactique majeure.
La formation, le véritable chantier du football algérien
Au-delà du cas Petkovic, Kourichi estime que la priorité doit être de reconstruire les bases du football algérien. Selon lui, le choix du prochain sélectionneur doit avant tout reposer sur ses compétences, et non sur sa nationalité.
Le futur sélectionneur national doit être choisi uniquement sur ses compétences et non sur sa nationalité. (…) Les compétences s’acquièrent par la formation et l’expérience.
L’ancien adjoint de Vahid Halilhodžić pointe surtout les lacunes de la formation locale, qu’il considère comme la principale cause des difficultés actuelles des Fennecs.
Nous accusons un retard immense sur la formation des jeunes joueurs et des entraîneurs. (…) Aujourd’hui, la sélection est composée à 80 % de binationaux. Cela met en lumière la faillite de notre système de formation. (…) En football, si on ne sème pas, on ne récolte pas.
L’exemple Halilhodžić et un appel à une profonde restructuration
Pour Kourichi, les succès de l’ère Halilhodžić reposaient autant sur la rigueur que sur la gestion humaine du groupe. Il rappelle l’importance du dialogue permanent instauré avec les joueurs afin d’adapter le management au quotidien.
La gestion humaine est capitale, en particulier avec les nouvelles générations. (…) Je lui rédigeais ensuite des rapports détaillés pour qu’il puisse adapter son management. Cela prouve à quel point, malgré son image extérieure, il se souciait de ses hommes.
Il insiste également sur la culture de l’exigence qui animait le staff de l’époque.
C’était une question d’exigence, de professionnalisme et surtout de rigueur. (…) Le projet était cohérent, solide et basé sur le travail. Il n’y a pas de miracle dans le football.
Enfin, Kourichi estime que l’avenir du football algérien passe avant tout par une réforme en profondeur de son système de formation.
Il n’existe pas de formule magique. La seule voie possible est celle des compétences et de la formation à tous les échelons. (…) Nous devrions nous inspirer de modèles d’excellence comme Clairefontaine en France. Le salut de notre football passera par une restructuration profonde de notre formation.