Les dessous de la réussite de Yacine Titraoui racontés par ses anciens mentors

Yacine Titraoui

À 23 ans, Yacine Titraoui s’apprête à relever un nouveau défi avec le RC Lens après deux saisons convaincantes à Charleroi. Pour revenir sur son parcours et ses qualités, quatre entraîneurs qui l’ont accompagné durant son évolution, Hakim Malek, Noureddine Ould Ali, Francisco Chaló et Rik De Mil, racontent son ascension et évoquent le potentiel du milieu de terrain algérien auprès d’Africafoot.

Déjà au Paradou AC, le talent de Titraoui détonnait par sa maturité tactique. Dès ses 16 ans, il s’impose naturellement chez les professionnels. Hakim Malek, son entraîneur au PAC en 2020, se rappelle :

Il appartenait à la génération 2003, il avait à peine 16 ans. Je suis allé l’observer lors d’un match de préparation avec la réserve contre les U18, et après cela, nous l’avons directement intégré au groupe professionnel. Ce qui était impressionnant à son jeune âge, c’était sa grande assurance, sa confiance absolue en ses qualités techniques et son intelligence. Même face aux seniors professionnels, il était déjà au niveau, il n’y avait pas de décalage. 

Même constat chez Noureddine Ould Ali, qui n’a pas hésité à le propulser précoce chez les espoirs algériens :

Yacine Titraoui était déjà au-dessus du lot. Encore en U20, il évoluait directement avec les U23. Pour un entraîneur, c’est un joueur idéal : intelligent, appliqué, techniquement propre et capable de s’adapter à tous les environnements. Ceux qui le découvrent aujourd’hui arrivent simplement un peu tard. Il aimait le jeu et pouvait devenir la pièce centrale d’un système.

Discret en dehors, patron sur le terrain

Réservé et travailleur dans la vie quotidienne, le néo-Lensois se transforme dès qu’il foule la pelouse. Son ancien coach à Charleroi, Rik De Mil, salue un état d’esprit exemplaire :

Sur le plan humain, c’est un joueur doté d’un état d’esprit irréprochable et d’une mentalité incroyable. C’est un grand travailleur, très professionnel. Il est de nature timide, mais c’est quelqu’un qui travaille d’arrache-pied du matin au soir. Il possède ce qu’on appelle un growth mindset (un état d’esprit axé sur la progression) exceptionnel : dès qu’on lui donne une directive, il élève très rapidement son niveau. 

Un constat partagé par Francisco Chaló :

C’est un très bon gars, très respectueux. Son profil est très appréciable pour les entraîneurs, car il est toujours à l’écoute. Et surtout, il aime le travail. Sa discipline est incroyable. 

Hakim Malek va plus loin en dressant un parallèle audacieux mais évocateur :

Yacine est un garçon bien éduqué, poli et respectueux, qui sait où il veut aller. Mais sur le terrain, il devient un compétiteur qui assume ses responsabilités. Discret dans la vie, il se transforme en leader par son jeu, un peu à l’image de N’Golo Kanté.

L’apprentissage belge avant le saut vers la Ligue 1

Son adaptation à l’Europe via le championnat belge a exigé des ajustements physiques et techniques immédiats. Rik De Mil se souvient des débuts :

Lorsqu’il est arrivé à Charleroi, c’était sa toute première expérience en Europe. En Algérie, il s’était toujours entraîné sur des terrains synthétiques. C’était donc l’une des premières fois qu’il jouait sur de l’herbe naturelle ! Au début, il lui a fallu un peu de temps pour s’adapter. Mais il a progressé très rapidement. C’est un joueur fort techniquement, solide dans les duels et capable de courir énormément. 

Désormais armé pour la Ligue 1 et les joutes européennes, Titraoui débarque en Artois avec toutes les cartes en main. Pour Hakim Malek, le choix de rejoindre le RC Lens tombe sous le sens :

Lens est un choix cohérent pour lui. Il a la capacité de s’adapter rapidement à l’Europe et est devenu un cadre à Charleroi. Je n’ai aucun doute sur son potentiel : le public français découvrira son intelligence et son impact. Lens peut être un vrai tremplin vers le très haut niveau.

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